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Prepa HEC

Classements des écoles, réputation, taux de réussite, professeurs, pédagogie et inside stories...

France Business School : que penser de la réforme ?

Publié 13 Novembre 2012 par Aristote420 in sigem, france business school, patrick molle, talent, em lyon

France Business School : que penser de la réforme ?

Patrick Molle, directeur général de France Business School vient d’annoncer le processus de sélection des étudiants qui intègreront cette nouvelle école.

Les réformes de concours se suivent et se ressemblent

Après Sciences Po, dont nous parlions la semaine dernière et qui semble s’orienter vers une américanisation de son processus de sélection, l’annonce de FBS semble aller dans la même direction.

En bref, l’école sort du système SIGEM et donc du système de concours classique pour les écoles de commerce après prépa : des épreuves écrites qui permettent de sélectionner les candidats admissibles puis des épreuves orales pour décider de l’admission définitive.

Pour intégrer FBS, il faudra désormais constituer un dossier d’inscription (dont le contenu n’est pas vraiment détaillé pour le moment) puis venir passer une journée d’évaluation – un « talent day » – au cours de laquelle les étudiants se verront soumis à un test de raisonnement, un entretien individuel, des épreuves de groupe et une épreuve d’anglais.

Rechercher des profils différents

Cette idée n’est pas complètement étonnante quand on connait un peu Patrick Molle qui a longtemps dirigé l’EM Lyon et y a déjà développé très largement le système des admissions parallèles et donc du recrutement d’étudiants n’étant pas passés par la case prépa.

Je ne répèterai pas ce que j’ai déjà écrit sur le concours Sciences Po la semaine dernière mais l’objectif est clairement de diversifier les profils recrutés en s’adressant à des étudiants issus de tous les domaines de l’enseignement supérieur : de la science à l’économie en passant par le sport, les lettres ou encore le design.

On voit bien ce qu’il peut y avoir d’intéressant dans cette démarche tant d’un point de vue éducatif que du point de vue social. Au niveau de l’enseignement, on recherche des gens pouvant s’enrichir les uns les autres car venant de spécialités très différentes. Au niveau social, on cherche à limiter la reproduction des élites en court-circuitant un système de prépa considéré comme élitiste et socialement discriminant (importance de la culture générale, des langues, etc.).

Un bon coup de communication

Cela étant dit, mon sentiment est tout de même que cette annonce fracassante ressemble fort à un gros coup de communication. Rappelons que France Business School est le regroupement des ESC Brest, Amiens, Clermont et Tours-Poitiers. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’agit pas des écoles les plus cotées en sortie de prépa.

L’analyse des désistements croisés de SIGEM nous montre que ces écoles étaient assez peu présentées par les étudiants et peu sélectives. Il est même possible que certaines ne fissent pas le plein d’étudiants. Si on était méchant, on dirait que sortir de SIGEM permet à FBS de ne plus afficher publiquement ce genre de statistiques.

Par ailleurs, la prépa fonctionne justement par son élitisme. HEC, l’ESSEC, l’ESCP Europe et consorts tirent une partie de leur notoriété de l’extrême difficulté à y être admis. Dès lors que la renommée de l’école ne lui permet plus d’être sélective, le procédé perd un peu de son intérêt et il parait plus habile, effectivement, d’aller rechercher des profils atypiques et de proposer des techniques d’enseignement novatrices.

Ce qui est moins compréhensible, toutefois, c’est pourquoi FBS a choisi de continuer à recruter des étudiants de prépa en contournant le concours. Est-ce que les lycées devront rajouter un module, en plus des cours traditionnels, pour les préparer à la sélection très spécifique de FBS ?

Un bon coup de communication, donc, mais qui ne remet certainement pas en cause la pertinence du système des prépas. Les grandes écoles de management et les établissements de prépas les plus prestigieux peuvent, je pense, dormir sur leurs deux oreilles.

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