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Prepa HEC

Classements des écoles, réputation, taux de réussite, professeurs, pédagogie et inside stories...

Des prépas privées s’engagent pour l’égalité des chances

Publié 18 Octobre 2013 par Aristote420 in égalité des chances, ginette, essec, sciences po, ipesup, Prepa

Des prépas privées s’engagent pour l’égalité des chances

L’égalité des chances, c’est le gros sujet dans le monde de l’éducation depuis plusieurs années. Chaque gouvernement s’en saisit et met en place des réformes plus ou moins efficaces pour tenter de réduire le phénomène de reproduction des élites.

Dans le domaine des écoles de commerce, le problème est encore plus aigu, comme nous l’expliquions il y a quelques temps. Au niveau des écoles, des initiatives intéressantes existent depuis longtemps, notamment à Sciences Po et l’ESSEC. Ces derniers temps, c’est à l’échelon des prépas, privées de surcroît, que l’on voit naître des actions certes encore anecdotiques mais intéressantes.

L’ESSEC et Sciences Po : fers de lance de l’égalité des chances

L’ESSEC a mis en place depuis longtemps plusieurs programmes pour travailler sur l’égalité des chances. Parmi ceux-ci, l’un des plus intéressants est sans doute le « Pourquoi Pas Moi ? » (PQPM). Mise en place il y a une dizaine d’année, cette initiative propose des séances de tutorat à des collégiens et lycéens issus de milieux modestes. L’objectif est de leur offrir un entrainement de fond afin de leur ouvrir des perspectives qui leur paraissaient inenvisageables. Aujourd’hui, l’ESSEC est partenaire de 6 lycées et 2 collèges et offre des séances de tutorat à 160 lycéens et 50 collégiens par an.

Sciences-Po est l’autre champion de l’égalité des chances. Sous l’impulsion de feu Richard Descoings, l’institution de la rue Saint Guillaume avait lancé en 2001 les Conventions d'Education Prioritaire (CEP) qui permettent à des élèves issus des lycées partenaires (95 lycées généralement classés dans les ZEP) de postuler à tous les programmes du Collège Universitaire de Sciences Po via une procédure d’admission adaptée. Les chiffres annoncés par l’école sont intéressants : 998 étudiants admis via cette procédure, 67% des admis qui sont boursiers, etc.

Un programme de Bourses à Ginette

Ces programmes, malgré quelques défauts, ont fait leurs preuves et durent depuis plus de 10 ans. La nouveauté, c’est que désormais, des prépas privées se mettent aussi à l’égalité des chances.

Sainte Geneviève, Ginette pour les intimes, est une institution dans le monde des prépas HEC privées sous contrat. Habituée des toutes premières places des classements depuis des décennies, elle traîne aussi une réputation d’établissement bourgeois et fermé. La faute à son implantation versaillaise et à des frais de scolarité assez élevés.

Pourtant, depuis deux ans, l’école propose un système de Bourses. Chaque année, Ginette peut donc accueillir dans son « internat d’excellence » jusqu’à 30 étudiants issus de milieux modestes qui non seulement ne paient aucun frais de scolarité mais, en plus, se voient octroyer 300 euros d’argent de poche annuel pour leur permettre de faire quelques sorties avec les étudiants plus fortunés de l’établissement.

En 2012, Ginette a reçu 80 demandes et accueilli 26 boursiers.

Ipesup ouvre ses stages et s’investit dans l’orientation des lycéens

Plus étonnant encore, le groupe Ipesup-Prepasup, un établissement privé hors contrat qui squatte également depuis plus de 30 ans les meilleures places des classements en prépa HEC, est devenu en avril 2013 partenaire de Frateli, une association de parrainage d’étudiants d’origine modeste.

Dans ce cadre, le groupe Ipesup s’engage à mettre gratuitement à disposition des filleuls de l’association environ 80 places dans les stages intensifs qui ont lieu pendant les vacances scolaires. Au cours de ces stages, ils peuvent acquérir les bases méthodologiques indispensables pour réussir les concours des grandes écoles.
En octobre 2013, Ipesup a poursuivi sa politique d’ouverture sociale et annoncé une deuxième initiative, en partenariat avec la Banque Postale, visant à aider une soixantaine d’élèves de Terminale talentueux mais issus de milieux modestes à s’orienter dans leurs études supérieures.

Le groupe Ipesup-Prepasup et « L’envol, le campus de la Banque Postale » vont donc organiser conjointement un stage, « Cap sur le Sup », qui durera un week-end entier. A cette occasion, des professeurs d’Ipesup présenteront les différentes filières de classes préparatoires et leur dispenseront quelques cours pour les préparer à leur passage dans l’enseignement supérieur.

Apporter sa pierre à l’édifice

On peut facilement arguer que ces initiatives sont une goutte d’eau. Ce ne sont pas, en effet, quelques stages ou une vingtaine de boursiers qui vont régler le problème de la reproduction sociale dans l’enseignement supérieur.

Cela étant dit, cela montre que la filière des grandes écoles a entendu les critiques faites à son égard et que tous les acteurs tentent, à leur échelle, d’apporter leur pierre à l’édifice en s’organisant pour diffuser plus largement un enseignement d’excellence à des étudiants issus de milieux modestes.

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